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Pour avoir une bonne représentation collective de la réalité et la faire progresser, il faut définir quelles représentations utiliser mais aussi le système sociale qui fait que les personnes sont motivées à créer et améliorer celle-ci.
Quel système de motivation doit-on utiliser pour que les personnes créent et améliorent le système de représentations collectif de la réalité ?
Nous savons que pour ne pas dévier de l'objectif du bien commun à long terme il nous faut mesurer les actions sur ces représentations de ce point de vue.
Cela parait compliqué mais c'est pourtant comme cela que notre esprit fonctionne: nous sommes obligés d'évaluer le bienfait apporté par nos représentations du réel pour pouvoir les corriger. Par exemple si une personne a beaucoup d'accident de circulation elle pourra réfléchir à la raison et corriger son idée "la vitesse n'est pas un facteur de danger, c'est le style de conduite qui l'est" plutôt que sa représentation du méfait des accidents. Si elle y arrive c'est qu'elle a conscience de ses différentes représentations, des relations qu'elles ont les unes avec les autres, et qu'elle peut évaluer différentes possibilités.
Quand nous avons un succès dans une action, empiriquement nous validons les différentes représentations entrant en jeux. Par exemple si on arrive bien à monter les blancs en neige, nous validerons qu'il faut mettre une pincé de sel quand on a l'habitude de le faire, sans vérifier que ça marche aussi bien sans (ce qui est le cas). Si on nous explique que le sel ne sert à rien on voudra bien le croire. Par contre si on nous explique que le blanc d'œuf ne sert à rien on ne voudra pas le croire, car notre représentation de la transformation de la matière est validée d'innombrable fois dans une grande variété de circonstances.
Quand un scientifique s'intérroge sur une théorie scientifique et conçoit des explorations (expérience en physique etc), il utilise aussi une méthode pour évaluer ses représentations et les modifier. Cela consiste à vérifier méticuleusement chaque représentation.
En conclusion notre congnition relative au changement des représentations comporte diverses méthodes allant de l'empirique au formalisme complexe. De plus nous pouvons dépenser une bonne quantité d'énergie pour déterminer la validité de certaines de nos représentations.
Pour motiver les personnes il faut déterminer l'importance du changement effectuée par une personne. Par exemple si une équipe de scientifiques travaille sur la représentation des relations sociales il faudrait déterminer quelles sont les parts de chacun dans ce travail puis quel est la part de la représentation réalisée dans le progrès pour le bien commun.
Il est assez clair que ce sont les personnes qui peuvent évaluer le travail de chacun dans un petit groupe où beaucoup d'éléments sont informels et entremêlés.
Il reste la question de l'évaluation quand chacun apporte un élément bien identifiable. Par exemple une personne conçoit une sorte de pont en utilisant un outils développé par un physicien, quelle part de reconnaissance attribuer à l'un ou à l'autre ?
Le système par justice parait bien plus approprié. Il permet de séparer l'innovation du commerce. D'une part les innovateurs sont rétribués et d'autres part n'importe quelle entreprise peut incorporer les innovations, ce qui permet d'avoir une meilleure concurrence. Les fonds permettant ces innovations peuvent venir du système de financement décrit dans la gestion du système de décision collective par émotion.
Par exemple dans l'industrie pharmaceutique on aurait un bien plus gros secteur publique pour la recherche de nouveaux médicaments, des chercheurs récompensés quand ils trouvent, et des entreprises qui utiliseraient les découvertes. L'argent nécessaire à la recherche pourrait provenir d'une taxe globale sur les médicaments. On aurait donc un système autonome financièrement, motivant pour tout le monde (pour la partie recherche comme pour les fabriquants) et qui éviterait la fuite financière (par les profits et rétributions excessives) du capitalisme.
Nous venons de déterminer une méthode semblant convenable pour partager les récompenses d'un travail collectif d'une représentation composée. Il reste à déterminer l'évaluation de l'effet d'une représentation sur le bien commun à long terme. Cet effet se mesure par les actions utilisant la représentation.
Si on mange un bon gateau à la praline, qu'on le digère bien et que l'on se sent bien après, on peut penser que c'est une bonne chose du point de vu de son bien personnel à long terme. Mais si on considère que la praline est cancérigène alors on aura l'avis opposé. On voit par là que le jugement du bienfait des actions, et donc des représentations sous-jacentes, est relatif aux représentations actuelles. Et comme nos représentations peuvent changer, il peut être nécessaire de réviser le jugement (et donc la récompense ou pénalité). C'est ce qui se passe aussi dans notre esprit: on peut réviser le bienfait de nos actes et nos convictions qui les ont portés du fait de changements de représentations. C'est cette souplesse qui permet d'évoluer dans le bon sens.
En conclusion, de même qu'un individu évalue un acte, les représentations portant cet acte, et révise ses évaluations quand sa vision des choses change, notre intelligence collective doit faire de même.
Rappelons que nous avons vu dans l'étude sur la représentation collective de la réalité que ces représentations sont structurées (et aussi continuellement améliorées). C'est tout ce cadre qui fait que les jugements sont suffisamment uniformes et ont un sens. Par exemple une des représentations les plus profondes serait la norme du raisonnement logique, et bien d'autres représentations seraient utilisées entre celle-ci et les jugements.
Le lecteur pourrait penser que le système proposé ici est entièrement au mérite et stressant du fait de la révision toujours possible. Ce serait une transposition bien trop directe entre le système actuel et celui proposé ici. Il est clair que laisser les individus dans le stress de revenus aléatoires et révisables est très mauvais quand il s'agit de ses revenus vitaux, et qu'un système établi très mauvais au présent mène rarement au bonheur.
Nous venons de voir que l'on juge les représentations en utilisant nos représentations. C'est toujours vrai individuellement et collectivement. De même qu'individuellement ou socialement on peut tomber dans un système où une représentation valide elle même son utilité, le système proposé ici peut aussi tomber dans ce travers. Cela peut mener par exemple à de la corruption avec des personnes émettant des jugements qui d'une manière ou d'une autre bénéficient plus à eux qu'à la société et tend à faire persister des représentations soutenant ce genre de jugements. On le voit couramment dans nos sociétés actuelles où les représentations tendent à minimiser l'effet de la collusion d'intérêts entre les différents pouvoirs (judiciaire, exécutif, médiatique, financier) et où les tenants de ces pouvoirs défendent et bénéficient de ces collusions.
À partir du moment où l'on sort de la pure logique déductive, on ne peut éviter ces problèmes. Mais on peut appliquer des mesures pour les éloigner du mieux que l'on peut: