Nous définissons dans cette partie une nouvelle science, la science des réalité, semblant au premier abord très loin de l'objectif principal de réorganisation sociale. Un sentiment d'incongruité est une réaction normale face à l'association d'une révolution organisationnelle et scientifique.
Pourtant les deux évolutions ont très souvent été associées, les révolutions ne sont pas nées que d'émotions et il y a eu souvent au préalable des débats et avancées dans le monde des idées. La seule réelle nouveauté ici est le niveau de profondeur des deux éléments.
Notre société a besoin de fonctionner efficacement et pour cela il est nécessaire que les humains n'aient pas des comportements trop aléatoires. Hors nous pouvons avoir beaucoup de valeurs et idées bizarres. Par exemple une personne pourrait reffuser d'obéir à une chef parce que c'est une femme, une autre obéir aveuglément au curré pour éviter l'enfer ou encore ne pas réparer une machine parce que "Dieu l'a voulu ainsi".
C'est pourquoi nous avons toujours eu besoin d'un paradigme fondationel. Ainsi nous sommes passé de l'animisme (multiples esprits immatériels contrôlant la matière) au monothéisme (un esprit immatériel contrôlant la matière) au mécanisme (des lois compréhensibles et précises régissent la matière).
Comme un religieux devant l'exposition des principes scientifiques, il paraitra d'abord au lecteur que cette nouvelle science ne changera rien à sa vie. Et comme pour l'arrivée de la science ce sont les applications et les nouvelles idées qui petit à petit réorganiserons la société.
Comme pour la science, on aura une impression d'un froid profond et glacial devant la représentation formelle et mécaniste du réel. Et enfin comme pour la science on finira par comprendre que la magie et la chaleur ne viennent pas d'une volonté où d'un principe spécial mais se trouvent partout, que ce soit par exemple dans mécanismes de la vie, de la psychologie ou encore des lois régissant notre univers. Nous allons donc repasser par ces mêmes impressions, mais en allant un pas de plus, que ce soit dans le début glacial puis dans la magie et la chaleur. C'est un petit pas à l'échelle de l'évolution infinie de l'esprit mais pour nous ce sera un magnifique pas de géant!
En début de lecture on pourrait penser que ce n'est qu'une version formele de "on vit dans une simulation". Mais en continuant le lecteur verra que nous développons des outils inédits de probabilité permetant de raisonner et obtenir des résultats sur une sorte de "cosmologie" hors univers.
On pourrait croire que le mécanisme actuel (voir le préambule) est un aboutissement, mais il est un point qui est resté flou: qu'est-ce que la réalité ? Ce flou a été comblé par différentes idées telles que:
Nous exposons ici une nouvelle science: la science des réalités, se situant entre la mathématique et la physique. Elle permet de représenter ce qu'est la notion de réalité matérielle et d'où provient notre univers.
Remarque: toute le début fait comme s'il y avait unicité de l'observateur et de l'univers. C'est une simplification permetant de ne pas perdre le lecteur. Nous verrons plus tard qu'il y a en fait multiplicité.
La science physique tire sa validité de son efficacité à prévoir le comportement du monde matériel. La science des réalités tirera sa validité de son efficacité à représenter l'articulation entre le matériel et l'immatériel. Nous verrons des applications aussi bien en physique théorique que dans ce qui fait l'objet de Awakening: représenter les enjeux actuels pour mieux organiser la société humaine.
Il existe plusieurs points de blocage sérieux, tous de nature psychologique, qui font que cette science n'a été découverte que maintenant, alors que le sujet (d'où provient notre univers) intéresse depuis longtemps. Ils sont faciles à comprendre mais difficiles à dépasser quand les biais de notre "bon sens" entrent en pratique.
Pour faire un bon repas il faut avant tout de bons ingrédients. Nous avons l'habitude d'associer la valeur d'une chose à la valeur de ses éléments et c'est souvent vrai. Mais pas toujours, par exemple les lettres utilisées pour texte beau ou ignoble sont les mêmes.
Quand la chose dont on parle est nous même et notre univers, les liens très forts qui nous y lient augmentent considérablement l'enjeux. Découvrir que les constituants de base sont tout à faire ordinaires, voir assimilés à quasi rien peut poser de gros problèmes à l'esprit. Il faudrait nous voir plutôt comme des poêmes car c'est l'esthétique de la construction qui en fait toute la valeur. Mais si cela est facile à comprendre en théorie, l'esprit a tendance à opposer un rejet vicéral quand on entre dans le vif du sujet. C'est d'autant plus vrai que nous exposons ici des principes de base et nous sommes très très loins de décrire toutes les beautés ayant amené à notre existence.
Bien peu de personnes portent un intérêt vers les abstractions et c'est souvent jusqu'à une limite. Par exemple parmis les mathématiciens bien peu s'intéressent aux fondations mathématiques, ou encore beaucoups de découvertes abstraites ont d'abord été vues comme irréalistes (positron, trou noir etc). Or nous allons descendre ici jusqu'au fond, plus pronfond que la logique mathématique. Et nous allons aussi entièrement nous reposer sur le formalisme. Le lecteur aura probablement la réaction habituelle: un sentiment de non réalité l'amenant à penser que tout cela est bien beau mais sans intérêt car irréel.
Quand une chose est toujours là on a tendence à la considérer comme constante. Ainsi l'humanité ayant toujours vu l'univers depuis la terre elle a bien eu de mal à croire que la terre n'est pas le centre de l'univers. Si l'idée a été suggérée dès le troisième siècle avant JC, il a fallu attendre le 16e siècle pour qu'elle ne soit plus marginalisée.
Imaginer que la notion même de réalité matérielle, absolument centrale à notre esprit, est relative nous est aussi très difficile à concevoir. Pourtant nous verrons que nous pouvons unifier la représentation du matériel et de l'immatériel.
Notre univers ainsi que les phénomènes qui nous entourent étant forts évolués, nous avons tendance à considérer que la compréhension de l'origine de notre univers doit être très complexe. Et nous avons tendance à rejeter les explications jugées "trop simples".
Pourtant la science nous montre que plus nous descendons et plus les choses sont simples: par exemple les cellules du corps sont plus simples qu'un corp entier, ou encore une fondation mathématique est plus simple que les mathématiques qu'elle permet de faire.
Or nous allons ici descendre tout au fond, c'est à dire à la chose qui est à l'origine de notre univers et de tout (et c'est tellement plus que notre univers!) ce qui existe. C'est pourquoi cette chose est fort simple et peut se décrire de manière tout à fait formelle en quelques pages. Bien sûr nous allons prouver que cette chose est indirectement à l'origine de notre univers, nous faisons ici de la science.
Ce biais est plus subtil et le lecteur pourra l'aborder plus tard.
Définition: légitimité du pourquoi d'une réalité = cette réalité a une explication sur son origine reposant sur la descriptions de l'évolution d'informations régies par des lois. Par exemple si on voit du verre cassé au sol il est légitime de se demander pourquoi, car notre univers temporel et logique (obéissant aux lois physiques) fait qu'il y a une chaîne de conséquences ayant mené à cette réalité.
En dehors des phénomènes cadrés par une science chacun a son opinion sur la légitimité du pourquoi sans qu'il y ait de recherche d'un formalisme permettant de s'accorder. C'est pourquoi la représentation usuelle de la légitimité du pourquoi, y compris chez les scientifiques, est globalement empirique. Par exemple:
Cet empirisme fait que lorsqu'il sera fourni ici la base de toute réalité, certain la rejetterons car ils trouverons absurde qu'il n'y ait pas de raison pour laquelle cette base existe. Alors qu'en fait, cette base étant la cause de la légitimité du pourquoi sur toute les réalités qu'elle engendre, et étant elle-même de simplicité minimale, elle ne peut manifestement pas avoir d'explication. C'est cette rébélion de l'esprit face à cette non explication qui forme le biais: notre esprit est habitué à se questionner sur le pourquoi, alors qu'il existe en fait une et une seule réalité pour laquelle cela n'a pas de sens: l'origine, de simplicité minimale, de toute réalité.
Cette illégitimité du pourquoi de la base de la réalité est aussi troublante car elle ouvre la porte à d'autres bases plus complexes. En effet, accepter que toute la réalité ayant amené à notre univers et à bien d'autres choses repose sur une pure abstraction revient à accepter que d'autres abstractions aient aussi un sens à être une base. Et en effet on peut supposer par exemple que notre univers n'a commencé à exister il y a seulement une seconde tel qu'il était il y a une seconde. C'est tout à fait possible et non réfutable. Pour résoudre ce problème il faut prendre en compte deux éléments que l'on peut habituellement ignorer: la multiplicité des représentations du réel et ce que signifie "comprendre".
Nous sommes intéressés à "comprendre", c'est à dire à avoir une représentation du réel nous permettant d'être le plus efficace possible. Face à un ensemble de représentations toutes totalement réalistes, la plus efficace est celle qui englobe les autres de manière simple, autrement dit celle qui est la plus petite possible. En effet, la base petite et englobante permet de comprendre les relations entre les différentes représentations. Ces relations sont non seulement utiles pour calculer la distribution des probabilités d'être dans l'une d'entre elles, mais aussi permettent de comprendre les "briques" de construction et donc comment est structuré notre univers.
Toute chose se décompose en éléments plus simples, sauf si elle est de simplicité clairement minimale.
Nous sommes habitués à ce qui cette règle soit vraie dans le monde matériel. Mais nous allons l'appliquer aussi à l'immatériel.
Par exemple un humain est composé d'organes, puis les organes en cellules etc. C'est la composition matérielle.
Mais il reste de tout cela une partie immatérielle qui est complexe: ce sont les représentations des différentes choses. Par exemple la représentation d'une cellule humaine est complexe. On ne parle pas ici de la cellule elle-même, qui elle se compose de molécules. On parle de la représentation de la cellule (son architecture). Devant la complexité des êtres vivant notre recherche de compréhension nous a d'abord poussé à supposer qu'un esprit surnaturel était à l'origine de cette complexité. Puis la découverte du principe de sélection naturelle nous a permis de comprendre comment cette complexité était construite. Nous savons maintenant comment est composée la complexité des être biologiques: par une évolution basée sur des essais et des sélections. Cela permet de construire une architecture complexe par une succéssion d'améliorations augmentant petit à petit la complexité.
On peut remarquer en science que plus on descend profond et plus l'harmonie est grande. Il est donc raisonnable de penser que cette esthétique est encore plus grande en descendant encore plus profond. Or si notre hypothèse était fausse, il existerait quelque chose qui ne se décompose pas en éléments simples. Il existerait donc une chose qui, peu importe l'être, serait à jamais incompréhensible. Ce serait moche, et donc contradictoire avec la règle implicite de la beauté des profondeurs.
Comme tout est composé d'éléments plus simples et que la complexité est mesurable par un entier, il existe au moins un élément de simplicité minimale. Le but de cette partie est de le trouver.
Nous savons que les lois physiques sont composées de mathématiques.
Une mathématique est définie par une fondation mathématique.
Une fondation est définie de différentes manières mais d'un point de vue théorique on peut définir une fondation par une fonction, au sens informatique théorique, servant à vérifier la validité d'une preuve en argument.
En informatique les fonctions peuvent être défines dans beaucoup de langages. En informatique théorique on peut représenter des ordinateurs théoriques permetant d'interpréter ces langages. Mais parmis tous ces langages certains sont d'une simplicité sans commune mesure avec les autres, sans même de notion de variable ou d'argument. D'autre part ces langages très réduits sont complets, c'est à dire qu'ils permettent de définir les mêmes fonctions que les langages plus évolués (on dit qu'ils sont Turing complete).
Il est donc logique de voir ces langages extrêmements petits comme les "particules élémentaires" des langages car à partir d'eux on peut construire n'importe quel langage sophistiqué. Un exemple connu mais cryptique d'un tel langage est la logique combinatoire.
1f0d a l'avantage d'être plus facile. On peut le voir comme un langage informatique minimal et on décrira rapidement l'ordinateur théorique (sans entré/sortie et sans contrainte de mémoire) capable de calculer une expression de ce langage.
Voici une définition rapide du langage
Contrairement aux langages informatiques sophistiqués un "programme" en 1f0d est constitué d'une seule expression appelée formule.
if, 1, 0, distribute sont les mots clésx y z se lit (x y) zExemples de formules "if", "1", "(if) (1)", "((if) (1)) (distribute)", "(((if) (1)) (distribute)) (0)",
Une formule "x y" se lit "x de y" ou "y appliqué à x" car x est vue comme la fonction et y comme l'argument. C'est une manière plus cohérente d'appliquer les arguments mais inusuel en mathématique, bien que le "currying" soit parfois utilisé.
Voici une définition rapide de l'ordinateur théorique permetant de l'exécuter
"→" signifie "se calcule en".
Pour calculer une formule il faut appliquer les règles suivantes. Dans les règles ci-dessous, x y et z représentent des formules quelconques.
On peut remarquer la minimalité de ce système de calcul: deux règles pour réduire et choisir (les if) , une règle pour copier (distribute) et deux règles pour réaliser les calculs n'importe où. Par exemple s'il n'y avait pas de règle pour copier alors toute fonction ne pourrait que toujours produire une formule plus petite. Ou encore s'il n'y avait pas les règles "if" on ne pourrait pas tester.
On voit que l'on a atteind à ε près la minimalité. En effet, à chaque passage de l'élément à sa brique on diminue fortement la complexité. Par exemple la définition d'un langage informatique sophistiqué ou d'une fondation mathématique est autrement plus complexe que 1f0d. Trouver une brique de base permetant de construire 1f0d est impossible puisque l'on a que 4 mots et 5 règles de calcul. Un autre argument est qu'une brique de base doit à minima réaliser deux choses: tester et dupliquer, on ne peut donc pas réduire beaucoup plus que 1f0d. Un autre argument est que l'on définit 1f0d en quelques lignes et il parait donc impossible de définir une brique élémentaire en un texte significativement plus petit.
En partant de la physique nous avons aboutit, en passant par la mathématique, à un élément simple minimal qui est une sorte d'ordinateur symbolique très simple mais aux capacités illimitées (il n'y a pas, comme pour les ordinateurs matériels, une notion de maximum de mémoire).
On aboutit donc au fait qu'un des éléments simples minimal est un système de traitement de l'information. Or en définitive cela correspond bien à ce qui nous entoure car notre univers peut être vue comme de l'information (les photons etc) en train d'être traitée. Voir une présentation du rôle du traitement de l'information en science, dont la physique théorique.
Dans ce cadre le temps de notre univers est un dérivé plus ou moins directe de celui provenant du calcul de cet ordinateur symbolique minimale.
Dans un premier temps nous supposerons que cet élément simple minimal est unique et est donc la brique de base de la construction de la réalité menant, après maintes évolutions, à notre univers. Cela nous permettra de bien comprendre son fonctionnement avant de raisonner sur la possibilité d'un autre élément simple minimal.