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Représentation de l'humain

Présentation

Nous avons vu que la méthode conceptuelle nécessite une représentation de l'humain. C'est ce que nous allons faire ici en la centrant sur la communication.

La gestion des ressources

L'énergie

Tout être vivant à des ressources limitées. Par exemple revoir des idées dans la perspective de les adapter à une nouvelle vérité peut demander beaucoup d'énergie. Communiquer, c'est donc proposer une dépense d'énergie.

La cohérence

L'incohérence est coûteuse en énergie. On appelle ce coût la dissonance cognitive. Du fait que notre cerveau travaille continuellement à augmenter la cohérence être en dissonance cognitive est un coût énergétique permanent et qui peut perdurer si on n'arrive pas à résoudre l'incohérence.

L'évaluation

Quand on décide quoi faire (y compris à quoi réfléchir) on évalue (y compris inconsciemment) le ratio coût/bénéfice/incertutude du fonctionnement/probabilité de réussite/horizon temporel.

Par exemple un joueur de jeu d'argent va évaluer "coût faible/bénéfice élevé/certitude élevée/probabilité faible/horizon rapide" s'il connaît le mécanisme du jeu (ce qui lui permet de calculer avec certitude le coût, le bénéfice et la probabilité). On voit dans cette exemple que le jeu d'argent est attirant par de nombreux facteurs (coût faible/bénéfice élevé/certitude élevée/horizon rapide) et pourrait donc être attirant pour peu que l'on évalue mal la compensation avec la probabilité faible.

Cette évaluation est personnelle. Par exemple les éléments suivant influence cette évaluation: la manière de raisonner, le goût du risque, l'attrait pour les gros gains, l'aisance dans l'incertitude, le rapport au temps.

La place des quatres attracteurs

Ces attracteurs jouent un rôle centrale dans la pensée humaine. Le positionnement par rapport à ces attracteurs est déterminant. Par exemple le niveau d'attachement à la notion de vérité et de raisonnement change toute la communication.

L'identité acquise

On définit ici l'identité acquise par l'acquis qui différencie la personne des autres.

L'acquis est tout ce qui n'est pas inné. Par exemple si une personne est de sexe masculin cela ne fait pas parti de son identité acquise mais la manière dont il ressent son genre est en bonne partie acquise car il existe beaucoup de manières de sentir son genre et elles sont influencées par la culture.

Structuration de l'identité

Remarquons que l'identité acquise est structurée. Par exemple les quatres attracteurs ont une position profonde et donc influence beaucoup la vie de la personne sur le long terme. À contrarios le fait de préférer le café arabica au robusta est superficiel car en général cela n'a pas de conséquences sur beaucoup d'éléments de la vie.

Relativité aux systèmes

On peut découper l'identité relativement à un système. Par exemple si une personne passe beaucoup de temps dans une entreprise alors elle aura tout un d'acquis relativement à ce système.

En général les systèmes importants sont: la famille, les amis, la société, l'entreprise, le transcendant.

Identité projetée

Il faut distinguer ce que l'on est de comment on veut se montrer. Par exemple on peut avoir des valeurs de truand et vouloir projeter une identité de personne honête.

L'identité projetée est relative à un système. Par exemple ou peut vouloir projeter une identité d'employé servil dans une entreprise et une identité de personne combative dans sa famille.

On définit ici l'identité projetée désirée comme l'identité que l'on cherche à afficher aux autres.

On définit ici l'identité projetée perçue comme l'identité que que les autres percoivent. Remarquons que l'identité projetée perçue est relative à la perception des personnes. Ainsi pour certains une personne sera intelligente et pour d'autres un abruti.

L'humain étant un être fortement relié et ce aux différents systèmes. C'est pourquoi on dit que c'est un être social. L'identité projetée est très importante et par exemple certaines personnes subissent une détresse grave quand l'identité projetée se dégrade fortement.
Remarquons que le transcendantal est aussi un lien important, on le voit par l'exemple des religions mais c'est aussi vrai même chez les personnes se disant matérialistes car nous avons tous besoin d'une représentation du bien et du mal. Ainsi une personne vénale reniant toute intérêt pour le transcendant se fera une morale de ce qui est bien (gagner de l'argent coûte que coûte) et pourra même développer un "amour du mal" (pour diminuer la disconnance cognitive).

Le statut

Nous définissons ici le status comme la fonction que la personne occupe dans un système.

Remarque: ce n'est pas la même définition qu'en sociologie.

Relatif au système

Comme l'identité le statut est relatif à un système. Par exemple une personne peut avoir un statut bas dans la société et se percevoir comme de statut élevé (par exemple en se voyant comme une bonne personne) dans le système transcendant tel qu'elle le conçoit.

Les facettes

Le statut est constitué de multiples facettes. Par exemple on peut cumuler ces deux statuts:

joueur de football
C'est une fonction sociale importante car elle joue un rôle dans le statut de la nation dans le système international.
chauve
Dans un pays où les chauves sont victimes de quolibets cela devient un statut car c'est une véritable fonction sociale que d'être victime de quolibets sans gravité (les chauves ne sont généralement pas objet d'une haine profonde comme peuvent l'être les groupes racisés).

La place hiérarchique

Certaines personnes ne vont jamais prendre d'initiative individuelle pour changer la société. D'autres vont le faire que sous forme légale (le vote) ou encore en groupe géré (comme les manifestants). Par contre d'autres personnes ne vont pas hésiter à créer des groupes, des partis politiques, à socialiser avec des décideurs pour aller dans une direction nouvelle qu'elles ont elle-même créer etc.

Cette différence de comportement est très importante car si dans une société tout le monde prend des initiatives pour changer cela détruit la cohérence. À contrario si personne ne prend d'initiative la société ne s'adapte pas. La capacité à gérer les initiatives de changement est variable: une société très évoluée peut très bien gérer beaucoup d'initiatives personnelles car elle aura tout un système de sélection des idées, alors qu'une société simpliste aura tendance à utiliser des autorités pour gérer les initiatives.

Dans une société autoritariste comme la nôtre il existe une hiérarchie déterminant le pouvoir d'initiative. Cette hiérarchie est pour beaucoup inconsciente du fait du masquage de l'autoritarisme. Elle s'apprend très tôt. Par exemple en réunissant les enfants à l'école et en les privants d'initiative, en valorisant ce comportement (dit obéissant). Cet apprentissage est différent pour les classes supérieures et il en résulte un comportement programmé inconscient très différent suivant les classes sociales. C'est pourquoi beaucoup de personnes estiment "agir pour l'écologie" alors qu'elles se contentent de suivre un groupe qui n'a pour but que de demander gentiment à des personnes plus hautes dans la hiérarchie.

Conscient et inconscient

Les filtres

Chacun peut influencer les filtres entre l'inconscient et le conscient. Par exemple votre inconscient possède l'information des zones de votres corps subissant des pressions dûes à la gravité (comme la plante des pieds) et votre conscience peut décider de filtrer ou non ces informations. L'inconscient peut aussi influencer ces filtres, par exemple si une personne vous touche en général l'inconscient détecte que c'est une pression inhabituelle et l'information arrivera à votre conscience.

Définition

On définit ici la conscience comme la zone de traitement des informations de plus haut niveau d'abstraction.

Pour comprendre cette définition il faut avoir une notion de niveau d'abstraction de l'information. Cette notion est basique en neurologie cognitive: par exemple on part des flux nerveux provenant des yeux et petit à petit le cerveau traite l'information pour qu'elle devienne de plus en plus symbolique.

Centralité

La conscience a un rôle central car le lieu où le niveau d'abstraction est le plus élévé est le lieu où les informations interagissent entre elles, c'est la pensée consciente. Par exemple "oh un chat! mais c'est le chat de la voisine, mais elle m'a dit qu'elle l'a perdu. Ah il faut que je l'avertisse."

Rôle énorme de l'inconscient

Cette pensée consciente est énormément soutenue par l'inconscient. Par exemple dans l'exemple précédent on peut examiner les idées conscientes et voir qu'elle ne peuvent arriver que par un énorme traitement de la part de l'inconscient, tel que "le degré de coopération avec la voisine, l'importance des animaux de compagnie, l'amour des chat, l'ordre des priorités des actions à réaliser, le temps disponible, le coût énergétique des actions etc. Nous pouvons avoir conscience de toutes les idées inconscientes que l'on vient d'évoquer mais dans le feu de l'action elle ne résident que dans l'inconscient (on ne les pensent pas sur le moment mais si on peut les penser plus tard et les évoquer).

La conscience est à l'esprit ce que les ministres est à l'ensemble du personnel d'un gouvernement: elle fait autorité mais ne représente qu'une petite partie du travail.

Incohérence

Notre cerveau est une merveille d'efficacité, et comme tout ce qui est à la pointe de l'efficacité, il est fragile. C'est pourquoi il existe des mécanismes de protection pour limiter les dysfonctionnements. Par exemple la sidération psychique, la dissociation ou encore l'amnésie traumatique. En dehors de ces exemples marquants il existe des mécanismes plus légers, comme l'évitement d'une vérité qui permet de remettre à plus tard un traitement trop coûteux. Tous ces mécanismes provoquent des incohérences et les filtres de la conscience sont alors activés pour que la conscience puisse continuer à travailler sans s'effondrer dans l'incohérence ou la panique. C'est pourquoi on peut ressentir que certaines personnes sont dans le déni.

L'incohérence, le dénie ou encore la panique sont des marqueurs de surcharge. En cas de stress global la surcharge des différents groupes sociaux augmente ce qui pousse encore plus à un désamour global ce qui entraîne encore plus de surcharge etc. Ce phénomène collectif existe aussi sur un seul individu: on est stressé, on fait les choses plus mal, ça augmente le stress etc et on finit par une crise de nerf ou de panique (ce qui au niveau collectif peut provoquer beaucoup de morts).

Réalité, projection, perception

Nous n'avons accès à la réalité que par notre perception, qui est souvent partielle. Et nous allons souvent faire des déductions rapides qui peuvent s'avérer fausses. Par exemple on voit pour la première fois une personne réputée bizarre faisant des gestes désordonnés près d'une autre personne, nous en concluons qu'elle est folle alors qu'en fait elle chassait un moustique.

Cette perception, très souvent différente du réel, s'applique vers l'extérieur mais aussi vers l'intérieur. Par exemple on peut consciemment se penser comme une personne forte (capable de se sortir de problèmes complexes) tout en étant réellement une personne bien moins forte. C'est une forme de projection interne. Ces déformations sont tout à fait normales, il ne s'agit pas ici de stigmatiser l'humanité, voir aussi la section sur l'amour.

Quand ce que pense les autres est important pour nous (par exemple notre réputation), nous y tenons et nous en prenons soin. Par exemple si une personne a une réputation de joyeux drille blagueur et qu'elle est appréciée pour ambiancer les soirées, alors elle aura généralement tendance à cultiver cette réputation en faisant des blagues. C'est pourquoi on va chercher à projeter une image envers les autres, que ce soit sur notre identité ou notre statut social. Un exemple est la voiture ou la montre qui sont souvent utilisées pour projeter un statut social.

Esprit individuel et collectif

Un esprit comprend des attachements, des vérités, des volontés, des motivations etc.

Tout cela existe aussi au niveau collectif: un groupe humain ayant un certain besoin de solidarité (nation, corporation, famille etc) aura tendance à former un esprit collectif, c'est à dire à partager des vérités, des motivations, des attachements etc.

Cet esprit collectif aura tendance à fonctionner comme l'esprit des individus car c'est une sorte de mutualisation des esprits individuels. Par exemple on aura un inconscient collectif, c'est à dire des informations et des vérités qui sont traitées mais qui ne sont pas dites officiellement voir qui ne sont pas dites du tout. On peut donner un exemple fort mais il sera contesté du fait de l'inconscience individuelle: la peur joue un rôle bien plus important que ce qui est avoué consciemment.

Évaluation globale

Présentation

Quand on envisage une action (matérielle ou spirituelle) notre cerveau effectue une évaluation (plus ou moins consciente). Cette évaluation aboutit à une motivation plus ou moins forte envers cette action. Pour évaluer nous avons besoin de savoir ce qui sera amélioré. Par exemple l'action de sacrifier sa vie pour amener un verre d'eau à son patron ne sera pas motivante car notre vie est importante. Cela parait trivial et aller sans dire mais on peut remarquer que des personnes sacrifient leurs vie ou leur confort pour des causes. Il y a donc un système d'évaluation qui n'est pas trivial.

Cette partie cherche à représenter l'évaluation globale chez l'humain.

Bien sûr nous avons d'énormes variations innées et acquises et notre représentation comprendra des paramètres pour s'adapter à cette variabilité.

Ce qui compte

Deux éléments sont les plus importants: notre nature (c'est à dire l'identité: ce que l'on est) et notre fonction (notre statut).

C'est pourquoi l'évaluation d'une action sera basée sur l'amélioration (ou la préservation) de l'identité et du statut. Par exemple on peut passer la carafe d'eau à une personne parce que:

Bien sûr en général nous avons une combinaison de motivations, mais en les examinant elles se basent toutes sur l'identité et le statut.

L'identité et le status interfèrent avec tous ce que nous avons déjà décrit sur l'humain. Par exemple la relativité au système, les quatres attracteurs, le rôle de l'inconscient etc. Ce qui fait au final une très grande richesse de pensée et de comportements.