AwakeningComprendreS2: ComprendreEsprit pour l'humanité ?Organiser le collectif
Motivations et besoins ▶

Comment associer les motivations aux différents besoins collectifs ?

📚 Contexte

Nous avons vu qu'une organisation collective a besoin d'une grande cohérence du point de vue du système de motivations pour que:

Nous avons aussi vue que le niveau d'esthétique du système de motivations doit répondre au plus haut standard de qualité.

❓ Question

Comment confectionner un système de motivations répondant aux caractéristiques exposées dans la partie contexte ?

📝 Étude

La société comme substrat

Parmi les choses importantes, beaucoup proviennent de la société, par exemple :

C'est pourquoi nous avons tendance à faire de la société un substrat de base sur lequel nous évoluons. Bien des personnes font comme si la société était un fait acquis et ne s'occupent que d'obtenir un maximum de gratifications provenant de celle-ci (argent, position sociale etc). Mais notre société elle-même, tel un corps où nous en serions les cellules, a pour substrat la réalité. Si on veut que les individus se comportent correctement vis à vis de ce corps social, une bonne règle est que les personnes doivent ressentir les conséquences globales de leurs actes. Ainsi chercher à maximiser ses gains correspond à améliorer le bien être global de l'humanité.

Représentation et déviance du bien commun

À priori on pourrait penser qu'avec le temps, tout système de motivations ne correspondant pas complètement au bien commun à long terme entraîne, de par la recherche d'une efficacité maximale de la part des individus, des comportements optimisés pour obtenir le maximum de gratifications. Ce qui entraînerait une déviation de la société relativement à l'objectif de bien commun à long terme.

Nous allons voir ici que le mécanisme est plus complexe et qu'il faut tenir compte de plus de paramètres pour discriminer les déviations de motivations bénignes des malignes.

Notre esprit cherche l'efficacité, c'est pourquoi il optimise les représentations produites pour que le coût de construction et d'utilisation soit optimal. Par exemple si on réalise une recette de cuisine on ne va pas chercher à connaître précisément les quantités car cela n'a pas d'importance, ou encore nous rechignons à changer de représentation face à des informations en contradiction.

Cette recherche d'efficacité pousse à avoir des représentations relativement simples. D'autre part nous savons que compliquer une représentation pour un petit bénéfice est souvent une erreur. Par exemple si nous avons une représentation de nous même comme quelqu'un de protecteur de l'environnement, nous n'essayerons pas de construire une représentation bien plus complexe juste pour optimiser les motivations en en trouvant une compatible avec le fait de jeter des ordures quand nous sommes seul en forêt: cela pourrait nous faciliter momentanément la vie mais l'effort intellectuel de trouver une représentation compatible et la grande probabilité qu'elle soit fausse nous pousse à ne pas faire cet effort.

La recherche de représentations plus efficaces est aussi à inclure dans la dynamique sociale car dans une société où l'innovation est récompensée à hauteur des bénéfices pour le bien commun à long terme apporté, il devient alors plus rentable de s'orienter vers une recherche de représentations réalistes, car ce sont les seules permettant d'améliorer la société. Nous avons deux courants en guerre dans le sens où la force de l'un est la faiblesse de l'autre:

le courant du bien commun
Cela consiste à améliorer ses représentations dans le but qu'elles soient plus réalistes et efficaces dans le travail d'amélioration du bien commun à long terme.
le courant du bien local
Cela consiste à réduire sa notion de commun et sa perspective temporelle. Ce courant souffre de nombreux problèmes:
  • Nos instincts nous poussent à avoir de l'empathie pour l'humanité et se positionner dans l'indifférence oblige à des dissonances cognitives soulagées par des représentations irréalistes (élitisme etc).
  • L'acceptation extérieure de comportements injustes étant difficile et il faut alors diffuser des représentations fausses (comme la théorie du ruissellement ou encore la théorie de l'étranger source des maux).
  • Le besoin d'efficacité pousse à avoir des représentations réalistes, mais le besoin de justifier des comportements individualistes poussant à diffuser des représentations moins réalistes, la personne est obligée de jongler entre les représentations.
  • L'échange d'idées avec des personnes ayant des représentations plus réalistes est compliqué, la personne est obligée d'utiliser des techniques de communication agressives (couper la parole, lancer des accusations etc) afin de masquer les problèmes.
Comme une théorie scientifique erronée ou un programme informatique foncièrement mal conçu, ce courant a de nombreux problèmes qui provient du fait que les problèmes profonds ont tendance à tout contaminer.

Ces deux courants sont en guerre car le courant individualiste utilise les injustices pour prospérer. De plus ses problèmes de représentations et toutes ses contradictions le pousse à s'isoler des représentations du courant du bien commun. Avec l'avènement du courant du bien commun, le courant individualiste voit ses efforts devenirs infructueux et pire encore voit exposer la réalité de la désolation de leurs comportements et représentations. Les porteurs de ce courant étant attachés à des valeurs de hiérarchie sociale, ils interprètent l'avènement du courant du bien commun comme un brutal déclassement social ce qui est pour eux une insupportable déchéance.

Notre représentation en ces deux courants nous montre qu'il suffit que la société ait suffisamment de mécanismes vertueux pour que le premier courant soit dominant. Comme l'alternative (le courant du bien local) est alors faible il n'est pas rentable de s'y orienter.

En conclusion, le phénomène qui fait que la plupart d'entre nous ne jettent pas de déchet non biologiques en forêt est naturellement étendu dans une société où le courant du bien commun à long terme domine, et cela conduit à une très faible propension à chercher à dévier du bien commun à long terme, même quand le système de motivations ne correspond pas complètement.

Il reste à déterminer quels sont les facteurs déterminants pour augmenter la puissance du courant du bien commun dans la société.

Des motivations qui font sens

Nous savons que certains éléments de la vie sont de nature différentes et ne se mélangent pas, comme l'argent et les sentiments (par exemple on ne peut pas payer quelqu'un pour qu'il nous aime). Et notre représentation de ces éléments est bien séparée. C'est pourquoi il est bon de connecter l'action au conséquences en cherchant à rester le plus possible dans le même plan. Par exemple sur les plans :

Exemple pratique : culturel

Que ce soit un spectacle culturel ou une relation professeur/élève, nous avons largement tendance à ne pas nous contenter de la relation matériel (argent): nous applaudissons les spectacles, nous louons des cultes de la personnalité à des artistes. De même la relation élève / professeur a une forte charge émotionnelle.

Exemple pratique : temps/matériel

Si on construit une habitation qui dure normalement un siècle, si on est responsable d'un défaut il est normal de le réparer. Offrir juste une garantie de par exemple 7 ans est une forme de message de la société au constructeur : "il est valide que la construction s'abîme après les 7 ans". Le coût global ne serait pas plus cher avec une garantie correspondant à la durée de vie normale, ce serait juste un déplacement des coûts (il n'y a pas plus de travail). Comme les constructeurs seraient intéressés à faire des logements plus fiables, le coût global serait moindre. De plus les acheteurs pourrait plus se fier au prix et aux apparences puisque les conséquences de la qualité serait portées sur le constructeur, ce qui est bien plus sensé puisqu'il est bien placé pour la juger et la contrôler.

Définir ce qui est bon

Pour aller dans une direction, il faut déjà définir où aller. Alors que notre cerveau définit ce qui est bon de par nos sens et nos instincts, pour une organisation sociale il nous faut définir ce qui est bon.

💡 Réponse

Les bases d'une organisation sociale performantes comportes 3 points: