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Comment mesurer le succès d'une action ?

📚 Contexte

Nous avons vu qu'il est important de connecter le plus fidèlement possible les actions des personnes aux conséquences à long terme. Mais il est aussi nécessaire que cette connexion se face assez rapidement pour permettre aux personnes de juger de l'efficacité de leurs actions.

❓ Question

Comment juger du succès d'une action du point de vue du bien commun à long terme ?

📝 Étude

Les évaluations en psychologie

Pour mieux appréhender l'évaluation d'une action, regardons son fonctionnement dans notre esprit.

(dé/)plaisir
Cela nous procure un (dé/)plaisir même avant l'optention du résultat. Par exemple si on est dans la démarche d'aller rencontrer des amis, alors que l'on est en déplacement on va avoir du plaisir par anticipation.
importance
C'est important, par exemple si on est en train de réaliser une tâche sans savoir si c'est une bonne chose ou non pour nous, alors on va réfléchir pour essayer de le déterminer.
le flou
Nous gérons le flou: il arrive que l'on ne sache pas exactement évaluer. Par exemple si on a rencontré une nouvelle personne et que l'on ne sait pas si c'est une bonne chose. Dans ce cas nous avons conscience du flou et le résultat de notre évaluation comporte des informations sur les possibilités. Par exemple une femme faisant un date avec un homme qui a l'air bien mais qui a fait une blague en référence à la violence, pourra évaluer, qu'il y a un risque que cette personne ait des accès de violence.
multiplicité
Les évaluations font appel à tout notre esprit: on regroupe toute les informations sur le sujet, même quand elles semblent de pas avoir de lien. Par exemple si on évalue un travail réaliser en groupe, si l'odeur dans la pièce nous rappelle de bon souvenir alors ce sera pris automatiquement en compte sauf si notre conscience entre en jeux pour un travail de correction des critères.
gestion des ressources
Elles font appel à l'heuristique (ou encore "pensée rapide") quand le délais est limité ou que l'évaluation doit être peu énergivore (quand le sujet est peu important). Il existe souvent des inconnus que l'on ne peut pas lever dans les temps ou avec l'énergie impartie.

Contraintes

réalisme
Imaginons que l'on dévie toujours dans le même sens dans le jugement (par exemple en négligeant la quantité limité d'une ressource), alors cela entraîne une déviation par rapport à l'objectif de bien commun. Il est donc nécessaire d'éviter les déviations. Cela n'implique pas une évaluation précise, mais juste que statistiquement on n'ait pas de déviation allant toujours dans le même sens.
évaluation rapide
Savoir si ce que l'on fait va dans le bon sens est important, que ce soint psychologiquement ou pour pouvoir s'améliorer. Par exemple si on vend de la nourriture, avoir des retours permet de nous motiver et de nous améliorer. C'est pourquoi il est bon d'avoir souvent des évaluations.
réévaluation
Si on se contentait de ne par réévaluer alors cela inciterait à ne pas réellement envisager le futur, car on chercherait juste à ce que l'action soit bonne pour les standards du moment. Par exemple si on construit un pont et que l'on fait une évaluation au bout de 5 ans, cela incite les concepteurs à avoir de bon résultats pour 5 ans plus tard, et donc on sort du long terme.
uniformité
Plus les évaluations dépendent des personnes la menant et moins cela a de sens. Elles doivent être le plus possible liées aux représentations de l'esprit collectif.
gestion des ressources
Une évaluation peut être plus ou moins couteuse ou pressée et il faut donc moduler le processus afin de respecter les contraintes.
motivations
Pour que les évaluations soient justes il est nécessaire de fournir des motivations adaptées.

Exemple du pont

Prenons l'exemple du projet de construction d'un pont. On sait qu'il y a beaucoup d'aspects à évaluer, tels que:

On peut remarquer qu'il faut assembler des éléments de natures bien différentes. C'est pourtant ce que nous faisons régulièrement personnellement ou en groupe. Pour le faire de manière collaborative, on peut le faire de différentes manières, comme:

Mais si l'on veut que les décisions soient prise par l'esprit collectif, il faut tenir compte des représentations collectives. C'est la seule manière qui permet d'avoir des évaluations qui soient réellement le reflet de la pensée collective. Par exemple si on faisait une moyenne des évaluations cela serait sujet à des variations locales et à divers biais. Plus concrètement on peut imaginer qu'il existerait une méthode d'évaluation tenant compte des divers éléments. Cela n'empêche pas l'appréciation humaine mais la formalise. Par exemple la méthode pourrait prendre en compte l'avis des personnes.

L'avantage d'un tel système est que, du fait qu'il est plus formel (et donc explicite comparé aux évaluations personnelles) il devient perfectible. Par exemple si une personne trouve que l'évaluation n'est pas bonne, elle peut proposer une autre méthode et montrer qu'elle sert mieux le bien commun à long terme.

Exemple d'un crime

L'exemple du pont peut être complexe mais contient beaucoup d'éléments formalisables. Il est intéressant de prendre un exemple où l'appréciation humaine joue un plus grand rôle.

On pourrait penser qu'un crime commis sur une seule personne est un acte particulier et qu'en tant qu'acte non collectif cela ne touche le bien commun à long terme que de manière négligeable (à hauteur d'environ 1/7 milliards). Mais un dommage à l'humanité qui n'est pas pris en compte entraîne une déviation de l'objectif du bien commun à long terme. En l'occurence cela pourrait entraîner le développement des crimes.

Le juge détermine une peine, et non l'évaluation de l'acte au regard du bien commun à long terme. Comme les deux sont étroitements liés ont peu considérer que le facteur du mal perpétré contre l'humanité est primordial dans la détermination de la peine.

Nous savons qu'une méthode d'évaluation existe déjà: un juge utilise le cadre des lois pour avoir une palettes de peines possible et l'utilise pour faire sa propre évaluation suivant le contexte. On retrouve donc le même fonctionnement que pour le pont (une méthode fournie par la société). Mais ici le facteur humain et culturel jouent un plus grand rôle, d'ailleurs nous savons que suivant les pays les peines pour un même crime peuvent beaucoup différer.

On peut remarquer que l'évaluation des dommages contre l'humanité comporte deux facteurs: les conséquences de l'acte lui même et l'augmentation du risque de génralisation. Par exemple si une personne se débarassent de produits toxiques qui contaminent la nappe phréatique les conséquences sont déjà importantes mais la généralisation serait absolument catastrophique. Or nous savons que les actes criminels incitent d'autres personnes à en commetre, et donc la perpétration d'un acte est aussi, même si cela peut être involontaire, une incitation à faire de même.

Donc sans entrer dans l'étude des actions à entreprendre pour arrêter les crimes, on peut imaginer une phase initiale d'évaluation des dommages à l'humanité. Elle comprendrait, comme pour le pont, des représentations qui rendrait le travail systématique et quasiment uniforme suivant les juges. Ces représentations pourrait tenir compte des facteurs locaux (culture locale, climat etc).

La différence avec le système actuel serait donc:

💡 Réponse

L'évaluation repose dans tous les cas sur des représentations conçues par l'esprit collectif et sans cesse améliorées pour coller à l'objectif du bien commun à long terme. De plus l'énergie mise dans l'évaluation est adaptée suivant les enjeux.

D'autre part les évaluations doivent être actualisées régulièrement (suivant l'enjeux et les changements possibles) afin d'éviter les écarts vers l'objectif du bien commun à long terme.

Voir l'étude pour plus de détails.