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Nous avons vu qu'il est important de connecter le plus fidèlement possible les actions des personnes aux conséquences à long terme. Mais il est aussi nécessaire que cette connexion se face assez rapidement pour permettre aux personnes de juger de l'efficacité de leurs actions.
Comment juger du succès d'une action du point de vue du bien commun à long terme ?
Pour mieux appréhender l'évaluation d'une action, regardons son fonctionnement dans notre esprit.
Prenons l'exemple du projet de construction d'un pont. On sait qu'il y a beaucoup d'aspects à évaluer, tels que:
On peut remarquer qu'il faut assembler des éléments de natures bien différentes. C'est pourtant ce que nous faisons régulièrement personnellement ou en groupe. Pour le faire de manière collaborative, on peut le faire de différentes manières, comme:
Mais si l'on veut que les décisions soient prise par l'esprit collectif, il faut tenir compte des représentations collectives. C'est la seule manière qui permet d'avoir des évaluations qui soient réellement le reflet de la pensée collective. Par exemple si on faisait une moyenne des évaluations cela serait sujet à des variations locales et à divers biais. Plus concrètement on peut imaginer qu'il existerait une méthode d'évaluation tenant compte des divers éléments. Cela n'empêche pas l'appréciation humaine mais la formalise. Par exemple la méthode pourrait prendre en compte l'avis des personnes.
L'avantage d'un tel système est que, du fait qu'il est plus formel (et donc explicite comparé aux évaluations personnelles) il devient perfectible. Par exemple si une personne trouve que l'évaluation n'est pas bonne, elle peut proposer une autre méthode et montrer qu'elle sert mieux le bien commun à long terme.
L'exemple du pont peut être complexe mais contient beaucoup d'éléments formalisables. Il est intéressant de prendre un exemple où l'appréciation humaine joue un plus grand rôle.
On pourrait penser qu'un crime commis sur une seule personne est un acte particulier et qu'en tant qu'acte non collectif cela ne touche le bien commun à long terme que de manière négligeable (à hauteur d'environ 1/7 milliards). Mais un dommage à l'humanité qui n'est pas pris en compte entraîne une déviation de l'objectif du bien commun à long terme. En l'occurence cela pourrait entraîner le développement des crimes.
Le juge détermine une peine, et non l'évaluation de l'acte au regard du bien commun à long terme. Comme les deux sont étroitements liés ont peu considérer que le facteur du mal perpétré contre l'humanité est primordial dans la détermination de la peine.
Nous savons qu'une méthode d'évaluation existe déjà: un juge utilise le cadre des lois pour avoir une palettes de peines possible et l'utilise pour faire sa propre évaluation suivant le contexte. On retrouve donc le même fonctionnement que pour le pont (une méthode fournie par la société). Mais ici le facteur humain et culturel jouent un plus grand rôle, d'ailleurs nous savons que suivant les pays les peines pour un même crime peuvent beaucoup différer.
On peut remarquer que l'évaluation des dommages contre l'humanité comporte deux facteurs: les conséquences de l'acte lui même et l'augmentation du risque de génralisation. Par exemple si une personne se débarassent de produits toxiques qui contaminent la nappe phréatique les conséquences sont déjà importantes mais la généralisation serait absolument catastrophique. Or nous savons que les actes criminels incitent d'autres personnes à en commetre, et donc la perpétration d'un acte est aussi, même si cela peut être involontaire, une incitation à faire de même.
Donc sans entrer dans l'étude des actions à entreprendre pour arrêter les crimes, on peut imaginer une phase initiale d'évaluation des dommages à l'humanité. Elle comprendrait, comme pour le pont, des représentations qui rendrait le travail systématique et quasiment uniforme suivant les juges. Ces représentations pourrait tenir compte des facteurs locaux (culture locale, climat etc).
La différence avec le système actuel serait donc:
L'évaluation repose dans tous les cas sur des représentations conçues par l'esprit collectif et sans cesse améliorées pour coller à l'objectif du bien commun à long terme. De plus l'énergie mise dans l'évaluation est adaptée suivant les enjeux.
D'autre part les évaluations doivent être actualisées régulièrement (suivant l'enjeux et les changements possibles) afin d'éviter les écarts vers l'objectif du bien commun à long terme.
Voir l'étude pour plus de détails.